Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
ex [SOS HAITI ENFANTS ADOPTES] POUR L'EVACUATION DES ENFANTS EN-COURS D'ADOPTION EN HAITI (2010)

Echecs d'adoptions

SOS HAITI ENFANTS ADOPTES. Le Blog de Greg.

Je vous avais promis un petit article au sujet des "échecs de l'adoption"

Je n'y connais rien. Je n'ai pas de statistiques. Mais cela me frappe depuis des années comme on utilise cet argument quand on est contre l'adoption en général ou une adoption en particulier :

  • Exemple d'utilisation dans un but général (qui ne peut d'ailleurs pas être qualifié de "contre l'adoption", mais plutôt "pour des réformes")
  • L'argument est utilisé danss les familles pour essayer de dissuader quelqu'un d'adopter. Pour ma part, j'ai eu à subir "je n'ai jamais vu une adoption qui se finisse bien"

Il est évident que cette réalité doit être prise en compte aussi bien par les "décideurs" de l'adoption (qui doivent mettre en place le cadre de sélection ET d'accompagnement) que par les parents candidats à l'adoption.

Mais je trouve qu'il faut mettre cette notion en perspective et faire attention à son usage.

  • Quelles similitudes/différences avec les abandons d'enfants biologiques ?
  • Quelle responsabilité collective de notre société vis-à-vis de ces échecs (pas seulement de l'adoption justement) ?

Comme dans de nombreux autres questionnements éthiques, la manière dont notre société gère les choses, dévoile la faiblesse de notre tissu social. Cela pousse à faire peser beaucoup de responsabilités sur les individus qui n'ont pas le droit à la faiblesse. Si t'es pas capable d'élever ton enfant tout seul (quand je dis tout seul, je pense à de vraies solitudes vécues par de nombreuses mères qui ne peuvent s'appuyer sur personne quand elles n'en peuvent plus), il ne faut pas que tu en aies. Le chacun chez soi, en matière éducative, est un désastre social.

N'oublions pas que ces échecs individuels sont aussi un échec de notre société telle que nous la construisons. Construisons du lien social, de l'entraide entre parents, du dialogue entre eux, de l'échange de pratique, de la prise de distance, de la remise en question mutuelle.

Mouais, c'est plus compliqué que de réduire le nombre d'adoptions.

Commentaires

betty 28/05/2010 11:18


Cette question d'échec probable de l'adoption m'interpelle beaucoup. Oui, je pense que le tissus social français colporte cette idéologie de dire qu'il ne peut y avoir de vraies familles sans lien
de sang. Donc tout ce qui n'est pas famille biologique est un échec.
Ce constat, vient de m'être confirmé. Hier, je regardai une émission à la télévision sur les enfants qui avaient honte de leur mère pendant leur enfance et encore aujourd'hui. Je me suis rendu
compte que pour l'animateur de cette émission ce fait le dérangeait. Comment est-ce possible qu'un enfant puisse avoir honte et rejette sa mère biologique ?
Trois des quatre intervenants avaient définitivement coupé les ponts avec leur mère biologique et disaient qu'ils avaient été détruits. Ils essayaient tant bien que mal de se reconstruire. Certains
même disaient qu'ils ne pourraient pas être dans la capacité de fonder eux-même une famille, tant leur traumatisme était encore présent.
J'avais la nette impression que la psychologue présente et l'animateur voulaient à tout prix faire dire à ces personnes devenues adultes qu'ils aimaient quand même leur mère. Une seule des
intervenantes concernée a dit qu'elle aimait toujours sa mère. Ca a réconforté la psy et l'animateur. Car pour eux, il ne pouvait en être autrement. Ils n'ont pas trop insisté sur ceux qui
n'avaient plus de sentiment pour leur mère biologique et l'avait rayé définitivement de leur vie. La psy a même dit : "Vous ne pouvez pas ne pas aimer la femme qui vous a donné la vie". L'animateur
a aussi dit : "une mère aime toujours la chair de sa chair". L'émission s'est terminée de cette façon, sur cette vision optimiste des liens de sang.
La question de fond de cette émission m'a interpellée, car je me suis dit que c'était révélateur d'une idéologie et d'un inconscient collectif qui persistent dans les mentalités. Et pourtant, les
exemples d'échecs dans les familles biologiques sont présents et visibles. De plus, la société doit faire avec, non sans difficulté.
Je finirai en disant que beaucoup d'enfants portent cette culpabilité de ne pas aimer un parent biologique. On les persuade qu'ils doivent aimer "ceux qui leur ont donné la vie" et que c'est un
devoir de reconnaissance. Ceci entraîne un déséquilibre psychique chez ces enfants et adultes.
Moi-même qui suis maman adoptive de trois enfants me rends compte à quel point les liens que j'ai avec eux sont forts. Je me rends compte aussi que l'on peut ne pas aimer un parent biologique,
étant moi-même concernée par la question. Car non seulement, j'ai eu honte de mon père durant mon enfance et même après, mais aussi je me culpabilisais de ne pas l'aimer. je me disais, c'est mon
père et je dois aller le voir, car je n'ai pas d'autre choix que de l'aimer. Ceci était très déstabilisant et durant toute mon enfance j'avais ce poids en moi. Oui, j'aurai été contente d'avoir un
autre papa. Je savais bien que le sentiment que j'avais envers lui était plus de la pitié que de l'attachement. J'ai été libérée quand j'ai accepté que je n'étais pas coupable de ne pas
l'aimer.
Des parents peuvent donner la vie (moi je dirais fabriquer) mais si c'est pour que cette vie soit détruite, je ne vois pas en quoi l'enfant serait redevable ! Il y a une énorme hypocrisie sur les
liens biologiques. Pourquoi l'adoption fait tant peur ? Sans doute parce que l'on ne veut pas admettre que lien de sang n'égale pas lien d'amour tout simplement et que l'adoption peut renvoyer
certains à leurs propres manques.