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ex [SOS HAITI ENFANTS ADOPTES] POUR L'EVACUATION DES ENFANTS EN-COURS D'ADOPTION EN HAITI (2010)

Le Ministre et les bouquets....

SOS HAITI ENFANTS ADOPTES. Le Blog de Greg.

Par Patricia Durand

Les bouquets sont bien arrivés au Ministère... qui n'a pas vraiment apprécié le fait que nous les montrions par ce geste comme responsables de ce qui était arrivé à Simon. Ils se sont sentis montrés du doigt.

Mais le fait est là, indéniable, quoi qu'il soit arrivé à Simon en Haiti, s'il avait été attribué à une famille d'une autre nationalité que française, il serait en ce moment vivant, dans sa famille, protégé.

 

La France a fait son choix, elle ne peut refuser de porter la responsabilité de ce choix. Il n'est pas de choix sans conséquence... Le Ministère doit assumer : il a choisi de privilégier la sécurité juridique à la sécurité physique de nos enfants. Donc que des enfants meurent, qui étaient attendus par leur famille et qui auraient pu etre sauvés. D'autres disparaissent, sont arrachés de leur crèche, sont retrouvés, sont ballotés. Et nous penserons à chaque fois que le drame aurait pu être évité et qu'il est la conséquence du choix français.

Je n'utiliserai jamais le mot coupable car il n'y a pas de culpabilité au sens juridique du terme mais la France et ceux qui la gouvernent ne peuvent choisir une voie légale et refuser de porter la responsabilité des évenements qui en découlent...

Pour plus de 50 000 personnes (familles élargies de nos enfants, nos amis, des anonymes ...), ce qui s'est passé, se passe et se passera pour nos enfants depuis le séisme, découle du choix du non rapatriement par la France, seul pays à faire ce choix.

A un moment donné, le président Préval a posé la question à tous les pays: "ces enfants ont vocation à être les votres, vous les sortez de l'enfer ou pas?". A ce moment là, tous ont dit oui sauf l'état français. De cette décision nul autre n'est responsable et nous étions plus de 50 000 à rappeler dès le début que cette responsabilité ne pourrait être déniée ensuite.

D'autres nations ont dit "pas un enfant en cours d'adoption ne mourra ou ne souffrira longtemps des suites du séisme" en acceptant de porter la responsabilité d'une certaine désorganisation au niveau des status juridiques...

Leur gouvernement reçoit des photos de familles heureuses, veille avec celui d'Haiti que les procédures se poursuivent là-bas... Ils recevront sans doute quelques bouquets multicolores et des dessins pour féter quelques jugements aboutis.

C'est un choix. Il n'est pas de lecture unique d'un texte juridique, il n'est pas qu'une vérité. Il est des hommes et des femmes qui pensent différement la VIE. Comme chaque choix, il se fait en son âme et conscience, comme chaque choix l'un n'est pas plus juste que l'autre dans l'absolu. Mais comme chaque choix, il faut ensuite l'assumer et accepter la couleur des roses qu'on reçoit.

Merci donc aussi à ceux qui ont rappelé directement au ministre et ceux qui ont le pouvoir de décision que parfois dérrière des choix politiques "abstraits" et très "légaux", il y a des gens qui souffrent et... parfois meurent. C'est si confortable la théorie, les textes et le taux de mortalité théorique.

Mais ne nous trompons pas, il y a aussi dans le Ministère des gens comme vous et moi qui assument parce que c'est leur boulot mais qui n'ont pas plus que nous choisit... à tous ceux que j'ai croisé et que je croiserai encore, soyez sûrs que j'aurais aimé que vos bouquets soient à la hauteur de vos efforts... multicolores.

Commentaires

Marguerite 04/04/2010 12:17


Depuis longtemps, le gouvernement refuse de prendre ses responsabilités. Il était de sa responsabilité de dire en amont "on arrête" ou "on continue" les adoptions en Haïti. Il était de sa
responsabilité de mettre en place les garanties pour que les procédures soient propres. Il était de sa responsabilité d'organiser le devenir des adoptions en cours. Il était de sa responsabilité de
suivre la suite des procédures tant que le pays n'est pas suffisamment sécurit pour qu'on y aille nous mêmes. Il était de sa responsabilité soit de dire allez-y, nous assurons votre sécurité, soit
de nous dire n'y allez pas, nous ne pouvons assurer votre sécurité, et nousmettons en place des moyens humains suffisants pour assurer la suite. Il était de sa responsabilité aussi de s'assurer de
la survie des enfants concernés. Le fait que ce ne soit que quelques enfants parmi les millions de sinistrés en Haïti ne justifiait pas de ne rien faire. Et là encore, le gouvernement refuse ses
responsabilités. Je trouve extrêmement grave d'avoir un gouvernement irresponsable. Que se passera-t-il le jour où nous serons directement menacés ? Que se passerait-il si le gouvernement devait
assumer une décision claire pour l'intérêt de la France ? Pour l'instant, il se montre capable uniquement de mettre un frein sans le dire, de dire on fait sans rien faire, de laisser pourrir les
choses jusqu'à ce que mort s'ensuive.
Je suis simplement dégoûtée de cette non prise de responsabilité des responsables, mais aussi par le poids des responsabilités que nous devons porter nous, en conséquence. Et ma plus grande
sympathie va à la famille de Simon, à nouveau touchée, salie, accusée alors qu'elle est déjà dans la plus grande des peines que peuvent vivre des parents.
Marguerite