Dimanche 16 mai 2010 7 16 /05 /Mai /2010 09:27

On arrache les enfants à leur pays. On vide Haïti de ses cerveaux, de ses forces vives.

> FAUX

[Pour certains, le tribut de cet exil nécessaire pour trouver une famille serait trop lourd, trop invalidant, puisqu'il amputerait les enfants d'une partie de leur identité et favoriserait, de surcroît, un comportement égoïste et prédateur des Occidentaux, qui continueraient par ce biais à exploiter la misère du monde.

Pour l'immense majorité des enfants recueillis, la seule chance de grandir dans un espace qui prenne le temps de les aimer et qui les inscrive à nouveau dans une appartenance affective et morale est l'adoption, qu'elle soit locale ou internationale, conjuguant le désir de parents de fonder ou agrandir une famille et le droit de l'enfant à en posséder une.

Aucun camp, personne du monde socio-éducatif, ne remplacera le lien privilégié qu'entretiennent des parents avec leur enfant.

L'adoption n'est pas une prédation, elle est la juste réponse à la pire des solitudes, celle pour un enfant de grandir sans personne à qui se lier.]

Patricia Mowbray
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/05/03/l-adoption-internationale-n-est-pas-une-predation-par-patricia-mowbray_1345939_3232.html

Voir aussi http://livesayhaiti.blogspot.com/2010/05/statistically-speaking.html


Il y a trop d'échecs dans l'adoption internationale

> VRAI ET FAUX

Il y a en effet des échecs, à savoir des abandons d'enfants après leur adoption. Mais il faudrait mettre en perspective les échecs dans le cadre de l'adoption avec ceux dans le cadre de famille exclusivement biologiques.

Il faut aussi comprendre le caractère subjectif de la notion d'échec. Pour certains, un enfant adopté qui ne fait pas de brillantes études, c'est un échec. Or le terme d'échec (comme d'ailleurs celui de réussite) s'accomode mal avec la question de la gratuité de l'amour. echec et réussite présupposent une échelle de jugement.


L'adoption favorise les trafics d'enfants

> FAUX

Pour qu’un enfant puisse entrer en France une fois les démarches locales effectuées, il lui faut un VISA délivré par le Consulat de France. Le CONTRÔLE du Consulat avant l’obtention d’un visa obéit à des règles strictes de vérification de l’agrément des adoptants, de l’identité de l’enfant, de l’acte d’abandon par devant un officier ministériel, du jugement dûment homologué par un tribunal, etc… Bien entendu, les pièces produites doivent être originales.

Le tout après approbation du SAI, Service de l’Adoption Internationale (Ministère des Affaires Etrangères à Paris) qui donne son feu vert. En cas de doute ou de manque dans les preuves de garde juridiques de l’enfant, le refus est inéluctable.

Sans visa, impossible de sortir du pays et impossible de rentrer en France.

[Si on veut adopter, on fait un dossier où sont inscrits des tas de renseignements sur soi-même, il faut passer devant un juge, des services sociaux, etc, etc... Un trafic dans ce cas-là, pas évident, c'est pourquoi, si on vous propose un remake de l'arche de Zoé, ça ne peut pas marcher, mais si les fous dangereux qui vous proposent cela vous disent qu'ils ont des appuis puissants ! 

Non seulement je veux bien croire que des enfants ont disparus, mais j'en suis persuadé et d'autant plus inquiet... pour ces enfants sans défense qui errent dans les rues... et pourquoi ils ont disparu ? Pour servir à l'adoption internationale ? Ben voyons ce sera facile pour les parents de justifier leur arrivée aux frontières en rentrant dans leur pays riche avec un état-civil qui veille... Les trafics ce n'est pas pour l'adoption, il serait temps que les ONG parlent de ce qu'ils peuvent devenir ces enfants... ce ne serait pas pour assouvir le besoin de chair fraiche de gros pourris, des fois, on peut pas en parler de ça ? C'est peut-être mieux que de taper sur la gueule des familles adoptives, non ?]

Dr Jean-Vital de Monléon
http://leblogdeladoption.blogspot.com/2010/03/charabia-humanitaire.html


Il y a de moins en moins d'enfants adoptables dans le monde parce-que le monde va mieux

> FAUX

On aimerait bien. Mais c'est faux.

[La Convention de La Haye exige que les pays tentent de placer leurs orphelins nationalement d'abord, dans la famille éloignée ou par l'intermédiaire des adoptions locales. Les nouvelles règles ont cessé de préférer les soins institutionnels à l'adoption, mais c'est souvent ce qui se passe au final, en pratique. De nombreux pays en développement ne disposent pas des installations adéquates de placement familial pour les enfants sans-abri. Bien que la Convention de La Haye soit destinée à protéger les orphelins, dans certains cas, elle finit par nuire à des enfants, en les condamnant à des années dans les institutions.]

John Seabrook
http://www.newyorker.com/reporting/2010/05/10/100510fa_fact_seabrook


Tous les enfants haïtiens en cours d'adoption par des français au moment du séisme, sont rentrés ou vont rentrer prochainement

> FAUX

Il en reste encore près de 500


Il y a un commerce insupportable autour de l'adoption

> FAUX

Les parents adoptifs versent 2 sommes :

  • A la crèche : Il s'agit d'une participation aux frais de l'enfant. selon les situations et compte-tenu du fait que les enfants restent à la crèche entre 18 mois et 4 ans, cela revient à une participation de 4 à 10 euros par jour (pour couvrir l'hébergement, la nourriture, l'habillement, la scolarisation et la santé)
  • A un avocat : Pour couvrir les frais de procédure. 

Aucune somme n'est versée aux éventuels "parents biologiques".

Ces sommes ne sont donc pas destinées à "acheter" un enfant, mais à couvrir les frais qui les concernent pendant la durée de la procédure. Des abus existent de la part de certaines crèches ou avocats mais sont très minoritaires.


Les enfants en bas age se remettent mieux

> FAUX

[un enfant, même petit, est déjà marqué par ce qu’il a déjà vécu : la vie intra utero, pendant laquelle il a peut-être manqué de soins, de nourriture, d’amour ; les conditions de l’accouchement et les jours ou les semaines qui ont suivi ; les conditions dans lesquelles la séparation d'avec ses parents de naissance a eu lieu ; l’absence d’affection et de stimulation dans certains orphelinats… Un bébé de quelques mois peut s’avérer en plus grande difficulté psychologique qu’un enfant de cinq ans, par exemple, qui aurait jusque-là vécu dans sa famille biologique et aurait bénéficié d’un bon maternage.]

EFA
http://adoptionefa.org/index.php/questions-generales/quel-enfant-adopter#p1


Les enfants sont choisis sur catalogue

> FAUX

Les enfants qui sont proposés à l'adoption en Haïti ne sont pas choisis sur catalogue. Après un premier contact avec une crèche, on envoie un petit dossier qui contient une lettre de motivation, l'agrément ainsi que le rapport psychologique et social. C'est à la lecture de ces rapports que le directeur de la crèche fera un apparentement. Ce ne sont pas les parents adoptifs qui choisissent.

Témoignage de Laurence.


Les adoption individuelles se passent moins bien que les autres (OAA et AFA)

> VRAI ET FAUX

Statistiquement, il semblerait que ce soit vrai. Mais est-ce l'adoption individuelle en tant que telle qui doit être mise en cause ? Ne faudrait-il pas se pencher sur les facteurs exogènes :

  • Les agréments sont donnés par le président du Conseil Général. Quelle légitimité et indépendance ? (aucune)
  • Les OAA (ayant peu de moyens) éconduisent nombre de candidats avec des critères trop restrictifs. La plupart des adoptants "individuels" auraient préféré passer par une OAA.
  • Les OAA sont-elles bien réparties sur le territoire français ? Non. dans beaucoup de départements, il n'y en a pratiquement pas.
  • Les COCA sont elles en nombre suffisant et suffisamment bien dotées ? Non.

[L'adoption individuelle est-elle plus à risque qu'une adoption par OAA ou AFA : ma réponse (statistique) sans hésiter est OUI, pourtant les plus belles histoires d'adoption sont souvent des adoptions individuelles (les plus moches aussi) et adopter par le biais d'un intermédiaire ne préserve pas des catastrophes.]

Dr Jean-Vital de Monléon
http://leblogdeladoption.blogspot.com/2009/11/risques-facteurs-de-risque-et.html


L'adoption en France, c'est vachement bien organisé :)

> FAUX

Le rapport Colombani est sans appel :

[Une organisation de l'adoption internationale qui manque d'efficacité et de lisibilité en dépit de la création, en 2005, de l'Agence française de l'adoption (AFA), une diminution continue des adoptions nationales, un pilotage insuffisant de l'adoption dans ses deux dimensions, nationale et internationale]

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/084000162/index.shtml#txt_2001


L'adoption, c'est un conte de fée. L'adoption, c'est le parcours du combattant.

> FAUX

C'est comme tout, il y a des hauts et des bas. Çà dépend des situations. On ne peut généraliser. Chaque cas est unique.

Il faut quand même noter que le nombre d'étapes et les kilos de papiers nécessaires sont impressionnants :

http://coeuradoption.org/wiki/doku.php?id=tags:th%C3%A8me_projet_adoption


Les enfants haïtiens ne sont pas orphelins

> VRAI. Et alors ?

En France c'est pareil, la plupart des enfants adoptables ne sont pas orphelins. En 2008, sur 2231 enfants pupilles de l'état, 210 seulement étaient orphelins (9%). En Haïti, on approche les 20% d'orphelins parmi les enfants adoptables avant le séisme.

[La stratégie familiale, qui consiste à laisser partir un ou plusieurs enfants dans l'espoir d'une vie meilleure, est un phénomène qui a toujours existé même sous nos latitudes. La littérature des XIXe et XXe siècles, Dickens en Angleterre, Maupassant en France, foisonne de récits mettant en scène des parents qui confient ou abandonnent leurs enfants.]

Patricia Mowbray
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/05/03/l-adoption-internationale-n-est-pas-une-predation-par-patricia-mowbray_1345939_3232.html


Adopter est un choix humanitaire

> VRAI ET FAUX

C'est faux dans le sens où tout acte d'adoption est avant tout à la base un désir d'enfant "égoïste". L'adoption n'est pas, ne peut pas être, un processus "dans l'urgence".

Ce qui est vrai, c'est que les parents adoptifs ne sont pas moins que les autres insensibles à la misère du monde, y compris, et peut-être d'autant plus qu'ils sont en cours d'adoption. On ne peut leur reprocher cette sensibilité. Par ailleurs, s'agissant de l'enfant qu'ils attendent et qui a déjà un nom, un visage, on ne peut leur reprocher de vouloir le nourrir, le soigner, le protéger. Prendre soin de son enfant, le nourrir, le soigner, le protéger, l'éduquer. Accueillir un enfant et lui donner une chance, est-ce que c'est un acte humanitaire ?


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J'ai créé ce blog le 15 janvier 2010 parrallèlement au lancement d'une pétition qui a reçu plus de 45000 signatures. Il a été le support de la constitution d'un collectif de 1000 familles en cours d'adoption au moment du séisme haïtien du 12 janvier 2010.

Il a migré progressivement vers un positionnement plus intime et éclectique quoique restant en lien avec l'adoption et la parentalité.

Grégoire Villedey

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