Dimanche 9 janvier 2011 7 09 /01 /Jan /2011 14:07

Il n'y a pas assez de Consultations Adoptions (COCA) en France, ou elles ne sont pas suffisamment pourvues, ou leur pérénité n'est pas suffisamment assurée.

Je rêve que ces consultations soient davantage pourvues, utilisées, accessibles, et que l'on se repose moins sur le bénévolat d'associations. Je rêve que les parents et les professionnels se groupent et se coordonnent pour exercer une pression suffisante sur les pouvoirs publics. Et vous ?

Que font ces consultations ?

Elles accueillent dans un cadre hospitalier les familles qui ont adopté pour faire un suivi de leurs enfants. Elles interviennent en pluridisciplinarité, à la fois en pédiatrie (notamment "outremer") et pédo-psychiatrie. Elles se situent en complémentarité du médecin traitant et des services du Conseil général. On peut faire appel à elles juste après l'adoption, mais aussi tout au long de l'enfance.

Est-ce vraiment utile ?

Oui. L'accueil d'un enfant par la voie de l'adoption, a ses spécificités. Les médecins et pédo-psychiatres qui tiennent ces consultations sont spécialiement formés et sensibilisés et peuvent ainsi, non seulement intervenir pour soigner les petits et gros bobos des enfants, mais aussi (et selon moi surtout) accompagner les parents dans le processus d'adoption. Les COCA, par leur approche pluridisciplinaire, ont l'énorme mérite d'aborder les situations dans leur globalité : sanitaires, sociales, psychologique ; des enfants adoptés, mais aussi des parents et frères et soeurs.

La meilleure preuve de l'utilité de ces consultations est l'usage même qui en est fait par les familles. Certaines n'hésitent pas à faire plusieurs centaines de kilomètres (et préfèreraient en faire moins).

Pourquoi est-ce important d'accompagner les familles ?

Parce que l'adoption n'est pas un long fleuve tranquille. Les images médiatiques sont caricaturales : entre "c'est rien que du bonheur !" et "je ne connais pas une adoption qui se soit bien finie". La réalité est plus nuancée, plus complexe, plus émouvante.

L'ennemi numéro 1 de toutes les familles, c'est l'isolement. Notre société véhicule le mythe du foyer qui se débrouille tout seul sans l'aide de personne (vous savez, la mère parfaite qui travaille à plein-temps, fait son ménage et ne gueule jamais sur ses enfants). C'est des conneries (oups).

Les COCA, par leur façade en premier lieu sanitaire, sont rassurantes pour les parents. Au moment où beaucoup de repères sont bouleversés (l'arrivée d'un enfant au foyer), un petit coup de pouce, un regard extérieur et des mises en relations sont les bienvenues.

 


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Commentaires

Personnellement, je ne suis pas d'accord avec ce texte! C'est la première fois que je ne suis pas d'accord avec toi Greg... Je m'explique : Etre accueilli dans un milieu hospitalier n'a rien de rassurant ni pour la famille, ni pour l'enfant! Et je pense la meme chose pour un accouchement, mais c'est un autre débat!
Commentaire n°1 posté par Mosneron Dupin le 09/01/2011 à 20h30
Bonsoir,

Oui, l'idée est bonne, elle n'est pas nouvelle, dans les années 2000 on demandait déjà la mise en place d'une véritable aide aux enfants et aux parents.
Le hic, c'est que l'on retrouva des gens comme ceux que tu nommes, à juste titre, les "intégristes", et que temps que ce genre de malades du bulbe seront reconnus comme des spécialistes de l'adoption, rien n'avancera, malheureusement.
Je crois personnellement que des parents ayant adopté et ayant du recul, par exemple ceux qui l'ont fait il y a dix ou 15 ans voir plus, qui ont peut-être subit, "les mains de le caca", de nombreux problèmes plus ou moins graves avec leurs enfants, ces gens là seraient à même de prendre en charge un tel soutient.
Il n'y aucune raison de croire qu'il faille être médecin, travailleur social et autres "spécialistes" pour appréhender un enfant adopté, nombreux sont ceux d'entre nous qui sont venus à bout de problèmes sans faire appel à ces personnes.
Oui il y a des échecs, oui il y a de merveilleuses histoire dans l'adoption, mais ni plus ni moins que pour nos bios,sans pour cela systématiquement se retourner vers des "spécialistes", qui n'ont pas plus de recul que nous tous, l'exemple le plus criant étant celui de tes "intégristes" qui n'ont même pas d'enfants !!!
Commentaire n°2 posté par Alain le 09/01/2011 à 20h47
Créer plus de structures d'accueil pour le suivi des enfants adoptés et les doter de moyens budgétaires suffisants est un choix strictement politique. Ce que vous appelez de vos voeux correspondra-t-il un jour à une volonté des politiciens de droite comme de gauche ? Aux citoyens de faire pression. Comptez sur mon soutien et tous mes encouragements les plus cordiaux.
Commentaire n°3 posté par Chantal Longchamp le 09/01/2011 à 20h49
je rejoints tout à fait Alain dans le commentaire N°2
Commentaire n°4 posté par cricri le 09/01/2011 à 20h52
Je suis d'accord avec beaucoup de messages. Je ne pense pas que des enfants "adoptés" aient plus de problèmes que des enfants "bio". Les spécialistes de l'adoption se révèlent souvent comme des intégristes et la plus part du temps lorsqu'il y a des problèmes ils les généralisent. Certaines fois, ils voudraient même persuader que ceux qui n'ont pas de problèmes devraient en avoir. Chaque enfant est unique et différent. Si problème il y a pour un enfant "adopté", c'est peut-être du aux mentalités de certaines personnes qui veulent à tout prix prôner la suprématie des liens de sang et parler de vrais ou de faux parents. Ainsi, l'enfant peut se retrouver perturbé. Ce qu'il faut, c'est énormément parler à ses enfants et leur dire que l'amour n'a rien de génétique, ni le bonheur et ni la construction de l'identité. Il faut leur expliquer que ceux qui sont contre l'adoption, sont souvent ceux qui sont frustrés dans leur vie et dans leur famille biologique.
Il y a énormément d'enfants biologiques en difficultés, en manque de repères et en manque d'identité. Certes, il peut y avoir des enfants "adoptés" mal dans leur peau. Dans mon entourage, je connais des adultes ayant été adoptés. Je reçois souvent des témoignages dans les magasins ou m^me dans la rue de parents adoptifs et d'enfant adoptés. Je peux dire que ces témoignages me font chaud au coeur ! Il y a énormément de belles histoires dans l'adoption, heureusement ! C'est vrai que je connais aussi une dame en mal d'identité, mais serait-elle bien dans sa peau en n'ayant pas été adoptée ? La vie n'est pas un long fleuve tranquille pour toutes les familles bio ou adoptives. Les centres de réadaptation, les centres de consultations psychologiques pour enfants, sont pleins d'enfants qui n'ont pas été adoptés.
Donc, moi aussi Greg, je ne suis pas forcément d'accord avec l'article, qui une fois de plus veut faire passer les enfants adoptés comme des cas particuliers !
Commentaire n°5 posté par christine le 11/01/2011 à 10h19
Christine, possible qu'être accueilli dans un milieu hospitalier n'est pas rassurant pour toi. Possible que çà le soit pour d'autres.

Alain, oui, il y a des intégristes, mais je pense que la majorité n'en fait pas partie. La plupart des praticiens font du bon travail, avec sagesse et dans la mesure de leurs moyens, et pas seulement dans le domaine médical (profs par exemple, il y a des salauds, mais pas tous heureusement).

Oui, je suis d'accord qu'il n'y a pas plus de pb pour les enfants adoptés que pour les bios (qui a les chiffres de toute façon ?) mais je considère depuis longtemps que notre société a un déficit d'accompagnement des parents (bios ou adoptifs). Evidemment, il y a plein de gens qui se débrouillent tous seuls très bien. Mais il y en a aussi plein qui galèrent et sont dans la solitude (par définition, on ne les entend pas facilement. Souvent, ils ont honte)

Quant à la spécificité de l'adoption, je persiste dans mon opinion...
Commentaire n°6 posté par Greg. le 11/01/2011 à 18h51
Oui, Greg, je suis ok, IL FAUT des accompagnants, mais faire attention à ceux qui, bardés de diplômés, se pensent le nombril du monde de l'adoption. Je persiste à croire que de nombreux parents sont tout aussi capables de réussir, au lieu de travailler sur le cerveau dans le passé de l'enfant, il travaillent sur le coeur et sur le présent et le futur.
Ceci dit, tout est bon à prendre quand il s'agit d'aider des gosses.

Pour nous remonter un peu le moral, un nouvel article sur le Monde, qui prend le contre-pied de nos "intégristes"

L'adoption des enfants haïtiens n'est pas une catastrophe
> LEMONDE.FR 12.01.11 11h58 • Mis à jour le 12.01.11 12h50
>
> Le docteur Levy-Soussan, qui est sans doute un éminent psychiatre et
> psychanalyste, martèle depuis douze mois, à la suite du séisme en Haiti, son
opposition farouche à toute mesure dérogatoire à la procédure classique
d'adoption, quelles que soient les circonstances, et depuis quelques jours son
indignation devant le récent accord franco-haïtien intervenu en ce sens. Cette
thèse est très certainement respectable, mais suscite quelques remarques ou
> questions.
> On s'étonne que depuis un an, alors qu'un certain nombre de non moins éminents
psychiatres défendent les thèses inverses, seule celle préconisée par le docteur
Levy-Soussan trouve un tel écho médiatique. On félicite son attaché de presse.
> On est surpris que le fait que les enfants haïtiens récemment arrivés à Roissy
aient eu l'air un peu perdus et hagards au milieu des nuées de caméras (ce qui
semble assez logique) conduise le docteur à penser que ces enfants vont mal et
seront nécessairement malheureux. On est très étonnés d'apprendre que le docteur
Levy-Soussan voit en consultation beaucoup d'enfants haïtiens récemment arrivés
> et qu'ils vont tous mal. Ce médecin n'ayant pas suscité une affection
> démesurée chez les parents adoptants en Haïti, il est très surprenant de
penser que bon nombre de ces parents sont allés le consulter avec leur enfant
sitôt celui-ci arrivé en France.
> On est extrêmement étonnés d'apprendre qu'en France, on peut adopter un enfant
jusqu'à 70 ans, et on serait très heureux d'avoir un nombre significatif
d'exemples étayant cette affirmation alléguée à plusieurs reprises par le
docteur pour demander une réforme (sans doute nécessaire) de l'agrément.
> On lit avec attention les propos du docteur sur le risque entraîné, pour ces
enfants haïtiens vivant en orphelinat depuis des mois ou des années, par un
déracinement trop brutal, et on serait heureux de connaître le temps minimum
devant être passé en orphelinat sous les tentes et la menace du choléra pour
limiter ce risque de déracinement : un an ? deux ? trois ? plus ?
> On espère enfin et surtout, mais on n'ose en douter, que pour parler aussi
abondamment et fermement d'un tel sujet, à savoir l'adoption post-séisme en
Haïti, le docteur Levy-Soussan parle en pleine connaissance de cause, et s'est
donc rendu à plusieurs reprises en Haïti depuis le 12 janvier 2009. Le contraire
serait invraisemblable.
> Enfin, on ne nie aucunement les difficultés liées à l'adoption en général, les
problèmes posés en particulier par ces procédures d'adoption en Haïti, et la
nécessité de mener des réflexions approfondies sur toutes ces questions, mais on
est tout de même surpris par cette volonté acharnée et obsédante de présenter
> systématiquement sous un jour aussi sombre les parents adoptants et l'avenir
des enfants adoptés.
>
> Jean-Pierre Brouillaud, maître de conférences en droit privé
Commentaire n°7 posté par Alain le 12/01/2011 à 23h32
Alain,
Merci pour cet article qui montre la juste mesure de la situation. Je pense que des racines ne se développent pas dans un orphelinat, donc je ne vois pas comment des enfants sans famille puissent être déracinés ! Les racines se construisent au sein d'une famille aimante. Ainsi, plus vite les enfants quittent les orphelinats ou crèches mieux c'est pour leur équilibre. Je pense sincèrement que c'est vital pour eux de partir le plus vite possible, d'autant plus qu'il y a les maladies. Les racines ne se construisent pas forcément sur un lieu de naissance, ni avec les gènes. Comme tu dis, certains enfants ont souffert du séisme. Comme tout enfant ayant subi une catastrophe, qu'un suivi attentif doit être fait. Je connais deux petites filles de 1 an et de 5 ans qui ont vécu le séisme et qui sont depuis quelques mois arrivés en France. Tout va bien pour ces enfants. La plus grande, qui a des souvenirs, a eu peur pendant un mois. Mais maintenant, elle en parle et oublie peu à peu. Tous les enfants plus grands que je connais se réjouissent de vivre en France avec leurs parents adoptifs.
Sans effacer une histoire, qui fait partie de la vie de l'enfant et qui a permis notre bonheur, il faut construire le présent et le futur. L'adoption est une belle histoire, qui permet de créer une vraie famille avec la même légitimité que la famille biologique. Il faut lutter contre les détracteurs de l'adoption qui véhiculent une idéologie basée sur les gènes et la primauté des liens de sang. C'est cette idéologie portée par l'inconscient ou conscient collectif qui fait du mal a nos enfants. Si nos enfants comprennent enfin que leur famille est légitime, cela les aidera dans la construction de leur identité. Je dois dire que presque chaque jour, des réflexions sont faîtes à mes enfants. C'est vrai que nous discutons énormément. Les enfants doivent comprendre que les réflexions viennent la plupart du temps de personnes mal dans leur vie et dans leur famille biologique, qui ne sont en rien des exemples. A l'école, il y a de nombreux exemples ! Je pense que certains enfants n'ont pas de chance avec leur famille biologique. Je pense aussi que c'est trop facile lorsque qu'il y a un problème de prendre l'adoption comme prétexte. Tout le monde vit au cours de sa vie des passages à vide, des remises en question, des doutes ... Rien n'est facile.
Oui, nous sommes prêts à tout pour aider nos enfants. Pour moi, je vois pas l'utilité des spécialistes de l'adoption. Nous avons des médecins, des psychologues, des pédopsychiatres. Même si l'adoption a ses spécificités, les enfants "adoptés" ne doivent pas être des cas spéciaux. Ce sont des enfants tout simplement, comme les enfants biologiques.
Commentaire n°8 posté par christine le 13/01/2011 à 10h48

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J'ai créé ce blog le 15 janvier 2010 parrallèlement au lancement d'une pétition qui a reçu plus de 45000 signatures. Il a été le support de la constitution d'un collectif de 1000 familles en cours d'adoption au moment du séisme haïtien du 12 janvier 2010.

Il a migré progressivement vers un positionnement plus intime et éclectique quoique restant en lien avec l'adoption et la parentalité.

Grégoire Villedey

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