Jeudi 29 décembre 2011 4 29 /12 /Déc /2011 10:59

 

Çà fait bientôt 2 ans que s'est produit le séïsme en Haïti !

Un petit tour sur l'interface de ce blog abandonné m'oblige à constater qu'il reste drôlement visité.

Alors pourquoi pas un petit post pour faire le point sur mon année 2011 ? Après tout, le maître-mot pour moi depuis la dernière rentrée est "vie normale". Cette délicieuse sensation de routine. C'est pas bien la routine ? Moi, je trouve çà très bien. Alors un post par an...

Combien de temps çà prend l'adaptation de mes enfants adoptés (et celle des parents) ?

15 mois qu'ils sont là. Sont-ils acclimatés ? Oui. Sont-ils intégrés ? Oui. Sont-ils attachés ? Peut-être pas complètement. Difficile à dire. Quels sont les signes de l'attachement ?

Mon impression : la première année a été dure. Les ajustements sont durs, parents et enfants, frères et soeurs. L'apprivoisement, comme dirait le petit Prince, est long et parsemé de doutes, de colères, d'espoirs déçus. L'attachement n'est pas un machin à la guimauve. Pour que les morceaux de pâte à modeler n'en fassent qu'un, faut malaxer grâve ! Mais l'avantage, plus on avance, c'est qu"on peut voir le chemin parcouru.

Incontestablement, après les montagnes russes, nous sommes arrivés dans un terrain moins accidenté depuis la rentrée scolaire. La plaine est en vue. Peut-être que le temps d'adaptation-apprivoisement-attachement est d'environ 2 ans. Réponse l'an prochain.

Qu'est-ce qui a changé chez moi ?

J'ai totalement revu mes priorités : famille - travail.

Exit l'engagement politique. A la fois pour des raisons de temps, mais aussi par une forme de dégoût ; Kouchner m'a tuer. Pas sûr que je vote en 2012. Çà me fait mal au ventre parce-que pour moi, c'est paradoxal d'avoir des enfants et de se désintéresser de la politique.

Ah si. J'ai adhéré à l'ACAT. Çà faisait des années que je voulais le faire. Tiens, justement, je découvre que çà torture aussi dans les geoles haïtiennes.

Je m'étais inscrit à l'ensemble choral de l'Ariège qui produit le requiem de Verdi cette année. mais j'ai abandonné parce que çà me prenait trop de temps (ou ma motivation était insuffisante en regard du travail nécessaire). Faudra attendre la retraite.  :-(

Je me suis lancé dans la création d'une petite entreprise de e-commerce de peignes en corne : Liorac. Un truc que je n'aurais jamais osé il y a quelques années. Je suis attiré par la liberté que çà me procure. J'ai très bon espoir que çà marche. En fait, çà marche déjà.

Quels sont les combats qui n'ont pas été les miens ?

Curieux de poser la question comme çà, mais elle est logique après l'overdose de 2010 et les priorités qui se sont imposées à moi.

Je ne me suis pas battu pour l'adoption plénière

Quoique source de doutes rémanents chez moi pour savoir ce qui est le mieux pour mes enfants, je m'étais dit très tôt que ce ne serait pas mon combat. Mes enfants ne seront pas en danger de mort en adoption simple. Et çà ne m'empêche pas de les élever comme je l'entends. Je comprends que d'autres en aient fait un combat. En la matière, nous sommes toujours dans une ligne de fracture entre d'une part des positions de principe (les lois, la globalité de la condition enfantine dans le monde...) et l'intérêt personnel d'un enfant à un moment et un lieu donnés.

Ce que je trouve une connerie de la part de l'Etat Français, c'est de donner un visa d'un an alors qu"il sait pertinemment que les jugements prennent des plombes. Complètement débile.

Je ne me suis pas investi dans une cause humanitaire pour Haïti

Çà aussi, je ne voulais déjà pas le faire avant l'arrivée de mes garçons. De toutes façons, je n'ai jamais trop aimé l'humanitaire (je sais c'est pas bien). A la rigueur, le développement, et encore, je trouve que bien souvent, c'est mal fait, inutile, et contre-productif. J'aime bien les projets éducatifs parce-que c'est la seule chose qui puisse faire qu'un pays ne sera pas au même point dans 40 ans.

Vous l'aurez compris, je ne me suis pas investi dans l'humanitaire ni en Haïti, ni ailleurs. Un jour peut-être, quand je le ferai remonter dans mes priorités (et diponibilités). Ce sera du développement, et ce ne sera pas en Haïti. Pourquoi pas Haïti ? Je ne sais pas. Chez moi, le fait d'avoir adopté des enfants en Haïti ne déclenche pas d'attachement particulier à ce pays. Plutôt même un rejet. C'est grave docteur ? J'aimerais plutôt revenir au Sénégal où j'ai fait ma coopération. Tiens au fait, vous saviez que le Sénégal a accueilli des étudiants haïtiens ?

Je n'ai pas milité pour défendre l'adoption individuelle

La France reprend les adoptions en Haïti. Oui mais uniquement via des OAA, ce qui est un changement radical. L'adoption individuelle se réduit comme peau de chagrin. Bah oui, c'est pour éviter les trafics ! (çà me fait penser au flicages d'internet de plus en plus légalisés au nom de la lutte contre la pédophilie).

Reste la question lancinante à laquelle ne répondent ni les gouvernements des pays de départ, ni ceux des pays d'arrivée, ni l'UNICEF (j'aime bien les mettre ensemble ces trois-là) : Que deviennent les milliers d'enfants non adoptés, non scolarisés, non éveillés, non aimés, qui ont atteint l'âge de dégager de l'orphelinat et qui auront passé 4, 7, 10 ans le cul sur un matelas ?


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Samedi 15 janvier 2011 6 15 /01 /Jan /2011 15:55

Il y a un an jour pour jour ouvrait ce blog et la pétition.

L'ours est fatigué.
L'année 2010 a été dure pour lui.
Il a été obligé de descendre de sa montagne pour s'aventurer en plaine. Risqué.
Il a fait un long voyage intérieur et est épuisé, physiquement et moralement.
Il a tellement vomi à cause de ce qu'il a vu et entendu !
Plus jamais çà. Une fois par vie, çà suffit.

J'aspire à ne m'occuper que de moi et des miens.
Je veux rentrer dans ma tannière. Hiberner.
Je veux couper les ponts avec la rumeur du monde.
Ne plus m'occuper des autres, quelques temps.
Le temps précisément, et l'espace, se sont restreints,
et l'essentiel n'en est que plus évident.

Adieu compagnons de 2010.  Adieu compagnons forgés par le destin.
Adieu blog intempestif, compagnon de ce voyage. Tu ne seras pas du prochain.
Je rentre sur mon territoire.
Là je me sentirai en sécurité. Là je goûterai aux délices de la vie ordinaire.
Travail, famille, sommeil, c'est suffisant.
Et seul l'avenir compte, car lui seul existe vraiment.  


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Dimanche 9 janvier 2011 7 09 /01 /Jan /2011 14:07

Il n'y a pas assez de Consultations Adoptions (COCA) en France, ou elles ne sont pas suffisamment pourvues, ou leur pérénité n'est pas suffisamment assurée.

Je rêve que ces consultations soient davantage pourvues, utilisées, accessibles, et que l'on se repose moins sur le bénévolat d'associations. Je rêve que les parents et les professionnels se groupent et se coordonnent pour exercer une pression suffisante sur les pouvoirs publics. Et vous ?

Que font ces consultations ?

Elles accueillent dans un cadre hospitalier les familles qui ont adopté pour faire un suivi de leurs enfants. Elles interviennent en pluridisciplinarité, à la fois en pédiatrie (notamment "outremer") et pédo-psychiatrie. Elles se situent en complémentarité du médecin traitant et des services du Conseil général. On peut faire appel à elles juste après l'adoption, mais aussi tout au long de l'enfance.

Est-ce vraiment utile ?

Oui. L'accueil d'un enfant par la voie de l'adoption, a ses spécificités. Les médecins et pédo-psychiatres qui tiennent ces consultations sont spécialiement formés et sensibilisés et peuvent ainsi, non seulement intervenir pour soigner les petits et gros bobos des enfants, mais aussi (et selon moi surtout) accompagner les parents dans le processus d'adoption. Les COCA, par leur approche pluridisciplinaire, ont l'énorme mérite d'aborder les situations dans leur globalité : sanitaires, sociales, psychologique ; des enfants adoptés, mais aussi des parents et frères et soeurs.

La meilleure preuve de l'utilité de ces consultations est l'usage même qui en est fait par les familles. Certaines n'hésitent pas à faire plusieurs centaines de kilomètres (et préfèreraient en faire moins).

Pourquoi est-ce important d'accompagner les familles ?

Parce que l'adoption n'est pas un long fleuve tranquille. Les images médiatiques sont caricaturales : entre "c'est rien que du bonheur !" et "je ne connais pas une adoption qui se soit bien finie". La réalité est plus nuancée, plus complexe, plus émouvante.

L'ennemi numéro 1 de toutes les familles, c'est l'isolement. Notre société véhicule le mythe du foyer qui se débrouille tout seul sans l'aide de personne (vous savez, la mère parfaite qui travaille à plein-temps, fait son ménage et ne gueule jamais sur ses enfants). C'est des conneries (oups).

Les COCA, par leur façade en premier lieu sanitaire, sont rassurantes pour les parents. Au moment où beaucoup de repères sont bouleversés (l'arrivée d'un enfant au foyer), un petit coup de pouce, un regard extérieur et des mises en relations sont les bienvenues.

 


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Samedi 1 janvier 2011 6 01 /01 /Jan /2011 13:16

Licence CC Stuck in Customs http://www.flickr.com/photos/stuckincustoms/2049233526/


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Jeudi 23 décembre 2010 4 23 /12 /Déc /2010 13:38

Le deuxième vol est donc arrivé ce matin :-)

Il resterait encore 25 enfants qui avaient été apparentés avant le séisme, et qui n’ont pas pu être évacués. MAM a promis un examen de ces dossiers. Le collectif restera mobilisé jusqu’à leur arrivée.


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Mercredi 22 décembre 2010 3 22 /12 /Déc /2010 20:36

J'en ai marre qu'on ouvre autant les micros (et les plus gros en plus) à cet intégriste de Pierre Levy-Soussan (et Sophie Marinopoulos).

Je dis bien intégristes.

Comment peut-on prêter l'oreille à quelqu'un qui généralise tout, qui ramène tout à du noir et du blanc, qui met aussi peu de nuances, qui est prêt à tolérer tous les dommages collatéraux pour faire advenir le règne de sa religion. Sa religion ? La convention de La Haye poussée à son extrême blancheur. Plus blanc que blanc. Un horizon, c'est un horizon, certes, mais en attendant, on fait quoi ? Désolé, mais c'est aussi utopique, et pour tout dire, puéril, que la concurrence pure et parfaite d'Adam Smith. C'est bien pour la masturbation intellectuelle, mais c'est qui qui torche les gamins, en attendant ?

Le monde est gris, ou beige, ou marron. Jamais noir ou blanc. J'aime pas les inconditionnels du blanc, de la pureté, de la perfection. Ils sont aveugles à la détresse du monde. Ils le théorisent, mais laissent les misérables se débrouiller avec mépris et n'écoutent même pas ce qu'ils ont à dire. Rapidement, ils veulent faire le bien des autres sans leur consentement.

Et pour ceux qui ne l'ont pas déjà lu, voir ici le point de vue du Dr de Monléon, qui lui, a les mains dans le caca, et sait de quoi il parle. Une bonne claque aux petites mauvaises odeurs.


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Ce site

J'ai créé ce site le 15 janvier 2010 parrallèlement au lancement d'une pétition qui a reçu plus de 45000 signatures. Il a été le support de la constitution d'un collectif des parents en cours d'adoption au moment du séisme haïtien du 12 janvier 2010.

Le site officiel du collectif a migré par la suite à cette adresse.

Ce blog est devenu dès lors un outil plus intime, peut-être complémentaire du site du collectif, mais ne le remplaçant pas.

Bien que désormais non actif, je laisse ce blog ouvert pour mémoire, tant qu'over-blog voudra bien l'héberger.

Bien cordialement. Grégoire Villedey.

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